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Pauvreté en France : l’Insee montre des situations de plus en plus durables

La pauvreté en France ne touche pas davantage de monde au fil des ans, mais elle dure plus longtemps. C’est le constat d’une étude de l’Insee parue le 1er octobre, qui suit les mêmes personnes sur plusieurs années. À la veille du 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère, ses résultats changent la façon de regarder le taux de pauvreté.

En bref
• Le taux de pauvreté atteint 15,4 % en 2024, contre 12,9 % en 2008.
• Être pauvre quatre années de suite concerne 7,2 % de la population sur 2021-2024, contre 4,3 % sur 2008-2011.
• Parmi les personnes pauvres en 2021, seules 16,5 % sont sorties durablement de la pauvreté dans les trois années suivantes.
• Le chômage reste le premier facteur : 22,4 % des chômeurs sont pauvres sans interruption, contre 3,0 % des personnes en emploi.

Ce que mesure cette nouvelle étude #

Le taux de pauvreté classique est une photographie : la part de la population qui vit, une année donnée, sous 60 % du niveau de vie médian. Selon l’Insee Première consacré aux niveaux de vie 2024, ce seuil correspond à 1 337 euros par mois pour une personne seule, et le taux atteint 15,4 %, son plus haut niveau depuis le début de la série en 1996.

L’étude publiée le 1er octobre, « En quinze ans, des épisodes de pauvreté monétaire plus durables », adopte une autre approche. Elle suit les mêmes ménages pendant quatre ans, ce qui permet de distinguer un passage ponctuel sous le seuil d’une situation qui s’installe.

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Autant de personnes concernées, mais plus longtemps #

Premier enseignement, la hausse du taux de pauvreté depuis 2008 ne vient pas d’une multiplication des épisodes. Selon la synthèse de l’AFP reprise par Weka, la part de personnes ayant connu au moins une année de pauvreté reste proche de 23 % sur 2008-2011 comme sur 2021-2024.

Ce qui change, c’est la durée. Parmi les personnes pauvres une année, la part qui l’est encore l’année suivante est passée de 63,2 % en 2008 à près de 68 % en 2013-2015, puis à 71,4 % en 2023, le plus haut niveau sur quinze ans.

La pauvreté continue sur quatre ans a presque doublé. Elle concernait 4,3 % de la population sur 2008-2011, 5,3 % sur 2014-2017, puis a culminé à 8,2 % sur 2020-2023, avant de redescendre à 7,2 % sur 2021-2024.

Des sorties rares et souvent temporaires #

L’Insee souligne que certaines sorties de pauvreté ne sont que passagères. Les sorties durables sont « rares » : sur les personnes pauvres en 2021, seules 16,5 % ne l’étaient plus en 2024 ni lors d’aucune des années intermédiaires.

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Entre ces deux extrêmes, une partie de la population oscille. Sur 2021-2024, 6,3 % des personnes ont alterné les années au-dessus et en dessous du seuil. Pour ces ménages, une hausse de loyer, une fin de contrat ou une séparation suffit à faire basculer le budget.

Qui est le plus exposé à la pauvreté durable ? #

Le lien avec l’emploi

Le lien avec la situation professionnelle est très net. Parmi les personnes de 16 ans ou plus, 22,4 % de celles qui étaient au chômage début 2022 ont vécu sous le seuil sans interruption de 2021 à 2024. C’est le cas de 5,7 % des retraités et de 3,0 % des personnes en emploi.

Les familles monoparentales

L’étude relève aussi que la pauvreté continue est particulièrement fréquente dans les familles monoparentales, alors que les couples sans enfant sont les moins touchés. Selon l’Insee, les écarts tiennent surtout à un cumul de facteurs de risque : contrats plus instables, niveaux de vie plus faibles, charge d’enfants assumée seul.

Pourquoi ce changement compte #

Une pauvreté qui dure n’a pas les mêmes conséquences qu’un passage difficile. L’Insee associe les situations de longue durée à de nombreuses privations matérielles. Pour les politiques publiques, cela déplace la question : il ne s’agit plus seulement d’amortir un choc ponctuel, mais d’aider à sortir d’une situation qui s’installe.

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Ces données tombent alors que le budget 2027 est en discussion au Parlement. Les débats sur les minima sociaux, l’emploi et le logement pourront s’appuyer sur un indicateur plus fin que le seul taux annuel.

Questions fréquentes #

Quel est le taux de pauvreté en France ?

Il est de 15,4 % en 2024 selon l’Insee, au seuil de 60 % du niveau de vie médian, soit 1 337 euros par mois pour une personne seule.

La pauvreté devient-elle plus durable ?

Oui. La part de la population pauvre quatre années consécutives est passée de 4,3 % sur 2008-2011 à 7,2 % sur 2021-2024, d’après l’étude Insee du 1er octobre 2026.

Quand a lieu la Journée mondiale du refus de la misère ?

Elle a lieu chaque année le 17 octobre. Elle rappelle que la pauvreté ne se résume pas à un chiffre annuel, mais à des trajectoires de vie.

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